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ConceptÀ jour · vérifiée le 10 août 2026

La délégation

01En une phrase #sec_85e97e1e

La Délégation permet à une personne de rendre des décisions de revue à la place d'une autre — et impose que ce transfert d'autorité soit motivé, borné dans le temps, attribué et conservé .

02Le problème #sec_01a1f53d

Une campagne de recertification s'adresse à des personnes. Or les personnes partent en congés, changent de poste, se trouvent en arrêt, ou héritent d'un portefeuille qu'elles ne connaissent pas. Sans mécanisme de délégation, il ne reste que trois issues, toutes mauvaises : la campagne s'enlise sur quelques absents, quelqu'un certifie en masse sans regarder, ou l'on se prête un mot de passe.

Déléguer est donc indispensable. Mais la délégation déplace quelque chose de plus lourd qu'une tâche : elle déplace l'imputabilité . Après coup, une décision de revue ne vaut que si l'on peut répondre à la question « qui a décidé, et à quel titre ? ». Une décision rendue par quelqu'un qui n'était ni le propriétaire de la ressource, ni son délégataire déclaré, est une décision sans fondement.

C'est ici que le risque diffère de celui de l'[exclusion](REVIEWIT_Feature_Sanctuaire_v1.0.md). Le Sanctuaire fait un trou dans la couverture du contrôle : il manque des lignes. La délégation, elle, ne fait aucun trou — la couverture reste à 100 %, tout est décidé, tout est vert. Ce qui se dégrade est la légitimité de ces décisions. C'est un risque plus discret, et donc plus tenace.

03Le parti pris #sec_ad2c5efc

Une délégation n'est pas un raccourci administratif. C'est un acte de représentation, et il se prouve.

Trois principes en découlent, volontairement proportionnés : une co-assignation de quatre jours pendant des congés ne doit pas coûter la même chose qu'un transfert de responsabilité de six mois.

1. Une délégation se supprime pas — elle se révoque. C'était le défaut le plus grave de la version précédente : supprimer une délégation effaçait la légitimité des décisions déjà rendues en son nom. « Bob a certifié au nom d'Alice » devenait inexplicable, donc suspect, alors que tout s'était passé correctement. Désormais chaque délégation est un cycle : ouvert à la mise en place, clos à la révocation, jamais effacé.

2. Une délégation a un terme. La notion de délégation « permanente » a été retirée du produit. Une délégation sans échéance n'est jamais réexaminée : elle survit au motif qui l'a créée, souvent de plusieurs années. Et une délégation permanente en mode transfert n'est pas une délégation du tout — c'est un changement de responsable qui n'a pas été acté dans le référentiel, et qui échappe donc à toute revue de propriété. La durée est plafonnée à 12 mois , renouvelable explicitement.

3. L'exigence suit l'engagement. Le motif est toujours demandé. La justification écrite devient obligatoire dès que l'acte devient sérieux : tout transfert de responsabilité , ou toute durée supérieure à 30 jours . En deçà, elle reste facultative — imposer une dissertation pour une absence d'une semaine ne produirait que du remplissage, ce qui dévalue toutes les autres justifications.

04Comment ça marche #sec_375add0f

Deux modes, deux niveaux d'engagement

ModeEffetExigence
Co-assignationLes deux peuvent décider. Le titulaire garde la main.Motif ; justification si > 30 jours
TransfertLe délégataire décide seul, à la place du titulaire.Motif et justification, toujours

Le choix ne se fait pas dans une liste déroulante mais sur deux cartes qui énoncent la conséquence. C'est la différence entre « je me fais aider » et « je ne décide plus ».

Mettre en place

Un panneau guide la saisie : périmètre, mode, délégant, délégataire(s), période, motif, justification. Le bouton de validation reste inactif tant que l'ensemble n'est pas cohérent.

Motifs disponibles : absence / congés · charge de travail · expertise · changement d'organisation · autre.

Durée : 15 jours, 30 jours, 3 mois ou dates libres, dans la limite de 12 mois.

Quatre contrôles s'exécutent avant l'enregistrement : auto-délégation, cycle de délégation (A → B → … → A), doublon exact, et chevauchement de modes contradictoires sur la même paire. Ils sont bloquants, car ce sont des configurations dont aucune lecture d'audit ne peut sortir indemne.

Révoquer

La révocation demande son propre motif — période terminée, remplacée, erreur de saisie, autre — et clôt le cycle. La ligne reste en base, consultable dans l'onglet Historique. La suppression n'existe pas.

L'échéance, signal principal de l'écran

Comme pour les exclusions, la liste des délégations actives s'ordonne autour d'une seule question : laquelle aurait déjà dû s'arrêter ?

  • 🔴 Échue — la ligne est teintée, et la délégation reste pourtant active.
  • 🟠 Sous 15 jours — à renouveler ou laisser expirer.
  • 🟢 En cours — rien à faire.
  • ⚪ Sans terme — uniquement pour des lignes antérieures à cette règle ; impossible à créer aujourd'hui.

05Les anomalies de configuration #sec_ccabf705

Un bandeau remonte, sans jamais bloquer, quatre situations que rien ne signalait auparavant :

ConstatCe qu'il veut dire
Délégation croiséeA délègue à B et B délègue à A. Chacun peut décider pour l'autre : la séparation des responsabilités ne tient plus.
Délégation en chaîneA délègue à B, qui délègue à C. La décision s'éloigne de deux crans du responsable réel.
Sans date de finHéritage d'avant la règle des 12 mois. Aucun réexamen n'est jamais déclenché.
Échue mais activeLa période est passée, la délégation continue de produire des effets.

Aucune de ces situations n'est illégitime en soi : un binôme de secours mutuel est une pratique courante, et une chaîne peut refléter une réorganisation en cours. Le produit ne juge pas — il rend visible ce qui, jusqu'ici, ne l'était pas, et laisse l'interprétation à qui de droit.

06Le dossier de délégation #sec_26e53baf

Chaque relation délégant → délégataire ouvre un dossier : tous ses cycles dans l'ordre, avec pour chacun le motif, la justification citée telle quelle, l'auteur, les dates, et les circonstances de la révocation.

Le dossier porte surtout le nombre de décisions de revue effectivement rendues pendant chaque cycle . C'est le chiffre qui transforme une ligne de configuration en fait : il dit ce que la délégation a produit, et il est la raison pour laquelle elle ne s'efface jamais. Un cycle à zéro décision est une formalité ; un cycle à quatre cents décisions est un transfert d'autorité réel, qui doit rester documenté longtemps après avoir pris fin.

L'onglet Historique corrèle par ailleurs chaque cycle clos avec les campagnes qui se sont déroulées pendant sa durée . La même lecture que pour les exclusions devient alors possible : une délégation ouverte peu avant le lancement d'une campagne et révoquée peu après sa clôture se voit — et se lit.

07Ce que l'auditeur y trouve #sec_1aa1becb

L'écran lui est ouvert en lecture seule : il consulte et exporte, il ne met en place ni ne révoque rien.

Il y trouve, sans avoir à les demander : qui peut décider à la place de qui et jusqu'à quand, le motif et la justification de chaque délégation dans les mots de son auteur, les délégations échues encore actives, les configurations croisées ou en chaîne, l'historique complet des cycles avec leurs révocations motivées, et le volume de décisions rendues au titre de chacun.

L'export reprend systématiquement le motif et la justification, et, sur l'historique, les circonstances de la révocation. Un export de délégations sans le pourquoi n'aurait aucune valeur probante.

08Bon usage #sec_67409b78

Ce pour quoi la Délégation est faite : absences prévues, pics de charge sur une campagne, expertise portée par quelqu'un d'autre le temps d'un projet, recouvrement pendant une réorganisation.

Ce pour quoi elle n'est pas faite : contourner durablement un propriétaire indisponible — c'est le référentiel qu'il faut corriger ; faire certifier par quelqu'un qui n'a pas la connaissance du périmètre ; ou instaurer une chaîne permanente qui éloigne la décision de celui qui en répond.

Ces usages ne sont pas techniquement bloqués. Ils sont visibles , datés, et attribués — et c'est délibéré.

09À retenir #sec_d171e500

Le Sanctuaire répond à « qu'est-ce qui a échappé au contrôle ? ». La Délégation répond à une question plus difficile : « ces décisions valent-elles quelque chose ? ».

Une campagne peut afficher 100 % de couverture et ne rien prouver, si personne ne peut établir à quel titre chaque décision a été rendue. En rendant chaque délégation motivée, bornée, attribuée, indélébile et rattachée aux décisions qu'elle a permises, le produit permet d'affirmer non seulement que tout a été revu , mais aussi par qui, à quel titre, et sur quelle base .

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